Dossier · Recherche avancée, non complète
Sitarane : pourquoi lui ?
Une bande, un procès, une exécution, une tombe, une mémoire
Pourquoi le nom de Sitarane a-t-il éclipsé ceux de Calendrin et Fontaine dans la mémoire populaire ?
Cimetière de Saint-Pierre — lieu de mémoire associé à Sitarane. · Wikimedia Commons — licence à vérifier
Saint-Pierre · procès, mémoire & récit
Pourquoi le nom de Sitarane a-t-il éclipsé ceux de Calendrin et Fontaine dans la mémoire populaire ?
Formes possibles, sans promesse de production
Pourquoi cette enquête existe
Une enquête sur la manière dont une affaire criminelle collective a fini par porter le nom d’un seul homme.
État du travail : Recherche avancée, non complète. Cette fiche rend visibles les questions et les limites de l’enquête ; elle ne remplace pas un article historique ou sociologique achevé.
Ce que les sources permettent déjà de dire
Le socle prudent
- Les récits historiques consultés présentent Pierre-Élie Calendrin comme le chef de la bande, avec Sitarane et Emmanuel Fontaine parmi ses principaux complices.
- L’affaire est principalement associée aux meurtres d’Hervé Deltel et des époux Robert en 1909 ; le rôle précis de chaque accusé reste à vérifier dans les pièces judiciaires.
- Après les procès de 1910, les trois hommes sont condamnés à mort ; la peine de Calendrin est commuée en travaux forcés à perpétuité, tandis que Sitarane et Fontaine sont exécutés à Saint-Pierre le 20 juin 1911.
- Une partie de la presse coloniale a explicitement racialisé Sitarane et son origine (La Patrie Créole, ADR 1 PER 45, 1911), sans que cela suffise à expliquer à lui seul le verdict ni la mémoire populaire.
- Au cimetière de Saint-Pierre, un monument associé à Sitarane est devenu un lieu de mémoire et de pratiques ; les sources divergent sur les corps réellement inhumés.
Documents & traces
Ce que les images donnent à voir
Des documents, archives et vues liés à l’enquête — traités comme des traces à interroger, pas comme des décors.
Ce que nous cherchons
Les axes de l’enquête
L’affaire collective
Reconstituer les accusations, les responsabilités et la place de chaque protagoniste à partir des pièces judiciaires.
Le procès et la peine
Comprendre les condamnations, les exécutions et la commutation de Calendrin sans inventer les motifs.
La fabrication du monstre
Comparer la manière dont la presse coloniale décrit Sitarane, Calendrin, Fontaine et les victimes.
La tombe et la mémoire
Étudier le monument de Saint-Pierre comme lieu social et mémoriel, sans transformer les pratiques en spectacle.
Ce qui reste à vérifier
Les pièces qui manquent
- L’acte d’accusation, les interrogatoires, les jugements et la liste complète des prévenus.
- Le rôle précis attribué à chacun dans les pièces judiciaires.
- Le dossier de commutation de Calendrin et les raisons qui y sont consignées.
- Le registre d’engagement et l’état civil de Simicoudza Simicourba.
- L’histoire matérielle du monument funéraire et les personnes réellement inhumées.
- Un corpus de presse comparatif couvrant 1909 à 1911.
Limites documentaires
Ce qu’on n’affirme pas
- Ne pas employer « vampire », « sorcier » ou « magie noire » comme qualifications factuelles.
- Ne jamais rattacher l’affaire Leveneur au dossier Sitarane.
- Ne pas glorifier les crimes ni faire disparaître les victimes derrière la légende.
- Ne pas présenter la racialisation de la presse comme l’unique explication du verdict ou de la mémoire ultérieure.
Atlas Réunion–Monde
Une géographie sans faux points
Atlas partiel : le cimetière de Saint-Pierre est un lieu de mémoire à documenter. Aucun point précis n’est publié tant que son repérage et son histoire matérielle ne sont pas sourcés.
Dans la Constellation
Des liens de méthode, pas des raccourcis
Deux enquêtes sur la manière dont la mémoire publique sélectionne et transforme des trajectoires historiques très différentes.
Deux enquêtes sur la fabrication d’une figure par les récits, sans similitude morale entre les personnes.
Justice, peine, grâce, presse : l’affaire Sitarane met en jeu le pouvoir de qualifier, de punir et de raconter — une autre forme de contrôle.
Contribuer avec méthode
Participer
Vous connaissez une cote judiciaire, un registre, une photographie ancienne ou une source de presse sur l’affaire et sa mémoire ?
Chaque proposition est relue, recoupée et contextualisée avant toute diffusion.
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